Sélection Ticket-théâtre(s) d’octobre

Quelques spectacles proposés pour le mois d’octobre dont les 2 temps forts Blockbuster et La mort de Danton :

BLOCKBUSTER - Théâtre 71 - 07 > 15 octobre 2016
BLOCKBUSTER – Théâtre 71

 BLOCKBUSTER – Théâtre 71

Trublions, agitateurs de conscience, clowns enflammés, le Collectif Mensuel et l’auteur Nicolas Ancion nous convient à une fiction où le peuple décide de mener la riposte. Plus que jamais les impertinents compères belges érigent l’humour en arme de contestation en détournant plus de cent quarante superproductions américaines, des années 1980 à aujourd’hui, porteuses de l’idéologie capitaliste. Farouchement drôle et sérieuse, ludique et engagée, cette pièce-film inspirée de la crise, des plans d’austérité et des acquis sociaux toujours plus menacés, est un spectacle total. Tandis qu’à l’écran défile ce « mashup » parodique et truculent, les comédiens et musiciens d’une minutie déroutante suivent sur scène l’action en y prêtant leurs propres voix et discours, alternant doublages, musiques et bruitages. Avec Julia Roberts, Michael Douglas ou Brad Pitt en héros insurrectionnels, ils façonnent avec ce montage titanesque un théâtre politique féroce. Ils rendent ainsi hommage aux codes des blockbusters, avec ses gentils, ses méchants, ses courses-poursuites et ses explosions spectaculaires tout en donnant à voir une fresque citoyenne, à mi-chemin entre le cinéma et le théâtre.

LA MORT DE DANTON - MC93 Maison de la Culture de Seine-St-Denis - 10 octobre > 03 novembre 2016
LA MORT DE DANTON – MC93 Maison de la Culture de Seine-St-Denis

 LA MORT DE DANTON – MC93 Maison de la Culture de Seine-St-Denis

C’est dans l’urgence que le jeune Georg Büchner, alors âgé de 22 ans, écrit sa première pièce en cinq semaines, entre janvier et février 1835. Il est surveillé par la police de l’Électorat de Hesse depuis qu’il a publié un pamphlet, Le Messager Hessois, considéré comme révolutionnaire par le prince électeur Guillaume II. Quarante quatre ans le séparait des journées tragiques où Georges Danton et ses amis furent exécutés, dévorés par cette Révolution Française qu’ils avaient enfantée et qui avait rayonné dans toute l’Europe, faisant trembler les tyrans en donnant de l’espérance aux peuples soumis.

Georg Büchner, en fils déçu de ce grand mouvement et de l’échec des révolutions de 1830 qu’il a vécu, construit cette Mort de Danton en imaginant les héros déchus incarcérés et continuant à parler, à discuter, à s’affronter, enfants des Lumières qui ici se dévoilent hors des clichés héroïques. C’est à la révélation de cet intime que s’intéresse François Orsoni, à ces troubles profondément humains ressentis par ceux qui vont mourir et qui nous apparaissent si proches dans ces moments où les masques tombent face à la mort annoncée. Cinq acteurs interpréteront tous les rôles de cette tragédie, véritable autopsie de la révolution à laquelle se livre le médecin Büchner. Il dépeint avec force l’ivresse qui s’est emparée de ces hommes et de ces femmes, la violence de la lutte pour le pouvoir, la force du peuple qui rend la révolution possible, la misère du peuple qui la rend changeante et instable.

Condamnant l’idéalisme de Schiller et de Goethe en inventant un théâtre neuf, expérimental dans une langue d’une vitalité étonnante, Büchner détruit de l’intérieur ce qui aurait pu n’être qu’un théâtre documentaire pour créer de toute pièce une forme poétique et politique qui nous oblige à regarder les hommes du passé par le présent de nos questionnements.

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